Témoignages
Un petit mot de l'équipe du film ...

J’ai rencontré l’Afrique un peu par hasard dans les années 1980, puis j’y suis retourné trois fois. C’est en 1998, par le biais de la photographie, que l’Afrique reprit contact avec moi.
Et en décembre 99 je pris la direction du Mali pour y animer un stage. Je savais que j’étais en plein dans un de ces épisodes où votre histoire vous rattrape, je suis donc resté éveillé. Cette ouverture m’a permis d’y retourner en 2002. Pendant cette visite, un toubab sur le chemin du retour m’a proposé de me laisser son matériel de prise de son, mini disk et micro. Je suis photographe et j’aime ramener des traces à la maison, je me suis donc laissé tenté. Un des aspect fascinant de la photo est l’utilisation d’images pour enclencher un code narratif. On le dit « cette image me parle ». La pub sait très bien se servir de ce principe. Ici l’exercice m’intéressait parce qu’il me permettait de faire l’inverse, essayer de faire des images avec du son, celui de la parole. Je suis revenu avec une quinzaine d’heures d’entretiens. Passé trois mois, c’est le temps qu’il faut pour retrouver le rythme, digérer la pilule et redonner une normalité aux rituels inutile de notre système, j’écoutai la matière sonore que j’avais récoltée. Ça a été évident, le truc s’imposait à moi, je devais aller au bout. À temps perdu, j’ai bossé 3 mois sur la sélection et le montage son. Sans pression ni prétention, j’ai inventé et construit mon histoire. L’exercice pour moi se cantonnait à générer une image dans l’esprit de celui qui écoute. Cela a abouti à un reportage audio de 80 mn que j’ai appelé TRACE du MALI.
C’était fait, je n’en parlais plus. Quand certains me demandent « C’est comment le Mali ? » je proposais mon montage pour qu’ils se fassent une idée. Le cd a ainsi voyagé d’amis en réseaux avec des retours plutôt satisfaisants. Mes expériences se confirmaient et complétaient mes longues années de réflexions.
Intitulé « Trace du Mali, Notes de voyage 2003 » l’album, fruit de hasards et de rencontres, présente le Mali sur ses aspects culturels, politiques, sociaux et religieux. C’est l’empreinte d’une ambiance, la trace de constats et réflexions sur le Mali actuel que l’on peut transposer au continent Afrique.
Les propos sont le constat d’une réalité au quotidien dont la misère qui en résulte n’est que la conséquence de jeux d’intérêts de pays occidentaux.
le reportage audio – 80 minutes
Au printemps 2004, on me proposa d’en faire un film, le 5 janvier 2005 le tournage de « Les enfants de Babel » commençait. Dans tout cela, une motivation, faire comprendre que nous sommes pareils, humains, malgré la religion, la culture et la couleur. Nous avons les mêmes problèmes pour les mêmes raisons.